Poésie
atmosphérique
(écrit enpolice Gigi)
Arrive le jour où le poète
se pose la question explicite de la poésie ?
L'humeur poétique émane-t-elle directement des lieux, des choses,
des matières, de la magie des atmosphères, des endroits du moment
de la journée, de la redécouverte d'un objet, d'un il
nouveau,
où
d'un angle différent?
Le poète est poète et ne peut s'empêcher de fabriquer
des vers.
Même si elle coule de source, dans un train, le matin, sur un banc,
dans le soir, en marchant, en dormant, la poésie était déjà
prête, en chantier, depuis longtemps, depuis toujours, pas celle-là,
précisément, sous cette forme là, mais le poète
étant poète, son sens supplémentaire sans cesse aux aguets,
il devait accoucher d'un poème, à un moment donné, précis,
fonction de la nature volatile du sens poétique et la teneur des mots.
Le poème naît du poète en traque, par habitude, par nécessité,
naturellement.
Il attendait, l'humeur en harmonie des mots pressés à la porte
de l'inspiration.
Les outils de la poésie, le poète les trimballe sur lui. La
musique des sons, quelques rimes essentielles, le moyen de s'en priver et
l' affût permanent à soulever les pierres de l'évidence
et découvrir la poésie cachée.
Le poète est toujours en état poétique.
Il n'a qu'un seul mérite, son sens à la poésie.
Un poète qui écrit ne met pas fin à ses jours. Il espère
éviter laballe du désespoir.
L'espoir d'un poète ne survit pas beaucoup plus d'une journée.
Il ne faut jamais priver le poète de poésie.
Cela le tuerait.
De plus, c'est très compliqué de couper le poète du poème.
Il est tellement ivre de poésie qu'il est capable d'en inventer au
fond d'un cachot, en entamant un dialogue avec lui-même, un ami ou une
araignée imaginaire.
Implicite, explicite, le poème n'est pas dépendant des lieux,
des choses, des atmosphères.
Il est tributaire du seul poète.
Le poème ne se fabrique que chez un poète, quelque soit le contexte.
Tous les hommes sont poètes mais la majorité ne le saura jamais.
Ca ne l'intéresse pas. C'est pour cela qu'il reste de la poésie
qui traîne partout.
Dédaignée du grand nombre, elle ne demande qu'à être
saisie.
La poésie n'est pas un privilège.
Tous les êtres humains sont poètes.
Un très petit nombre n'en a pas honte.
Dominique